- 5 août
Chagrin d'école de Daniel Pennac
- Fanny Schwab
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L'avis de Nicole (États-Unis) :
Chagrin d’école de Daniel Pennac commence comme une autobiographie plutôt traditionnelle où l’auteur raconte les difficultés de sa vie scolaire pendant sa jeunesse et sa transformation progressive de “cancre” à professeur.
Le livre évolue pour ne pas seulement raconter son histoire personnelle mais aussi les histoires de ses élèves et des autres professeurs. À travers ces récits, Pennac analyse et critique le système éducatif en France et les effets sociaux qui ont un impact grave sur les élèves, comme le consumérisme.
Il écrit des phrases courtes qui peuvent donner l’impression d’être simples, mais il utilise un vocabulaire riche avec de nombreuses métaphores intéressantes.
Comme ancienne enseignante moi-même, j’ai beaucoup apprécié ses perspectives sur l’éducation et l’opportunité d’apprendre plus sur l’éducation en France. Je donne 4 étoiles à ce livre.
L'avis de Thien (Vietnam) :
Chagrin d’école de Daniel Pennac m’était une belle découverte. Je ne connaissais aucun ouvrage de cet auteur auparavant et j’étais choquée du niveau de difficulté de ce livre (C1+ je vous dis). Merci beaucoup à mon club de lecture en français qui m’a aidée et motivée à le finir.
Parfois, il me semble que l’auteur a fait exprès de rendre son œuvre plus compliquée que nécessaire mais cela crée ainsi un style d’écriture unique très ‘Daniel Pennac’.
Lui, il a plein d’humour. Il fait rire même quand il parle de choses assez dramatiques.
« quand je n’étais pas le dernier de ma classe, c’est que j’en étais l’avant-dernier »
« il m’avait fallu une année entière pour retenir la lettre a »
En tant qu'ancien cancre, Daniel Pennac a de la compassion pour eux. Il nous montre ce qu’ils ressentent :
« la solitude et la honte de l’élève qui ne comprend pas, perdu dans un monde où tous les autres comprennent. »
« quand j’étais adolescent, nous étions au moins deux à faire exprès : Pablo Picasso et moi. Le génie et le cancre. Le cancre ne faisait rien et le génie faisait n’importe quoi, mais exprès, tous les deux. C’était notre seul point en commun. »
Il était élève mais il était aussi prof. En tant que professeur, il sait à quel point ce métier est difficile à exercer :
« je ne savais pas que la monotonie est la première raison que les professeurs invoquent quand ils décident de quitter le métier, je ne pouvais pas imaginer que certains d’entre eux souffrent bel et bien de rester assis là, quand passent des élèves… J’ignorais que les professeurs aussi se soucient du futur. »
En tant que professeur et ancien cancre, il a su comment soutenir ses élèves, comment les aider, comme si ses propres profs ‘sauveurs’ avaient sauvé sa vie en révélant ses talents et en l’encourageant. Cela m’a beaucoup touchée.
J’ai particulièrement aimé la façon dont il a consolé son élève du divorce : « deux divorcés apaisés te seront plus supportables qu’un couple acharné à se détruire »
Un prof responsable est quelqu’un qui : « quelle que soit la matière qu’il enseigne, un professeur découvre très vite qu’à chaque question posée, l’élève interrogé dispose de trois réponses possibles : la juste, la fausse et l’absurde. »
Il a partagé l’inquiétude des parents anxieux, et il a même pris la parole pour les élèves doués !
Au début, j’avais imaginé que l’auteur allait raconter ses histoires comme cancre (et comme prof, peut-être). Je n’avais jamais imaginé qu’il puisse ouvrir le débat si largement.
Il était également sérieux et direct en abordant des sujets qui sont toujours d’actualité : les problèmes du système d’éducation, les stéréotypes permanents sur les ados de banlieue, la surconsommation, la tromperie du marketing qui associe une attention excessive à l’apparence.
« Il n’y a guère que la journée d’un psychanalyste et le salami du charcutier pour être découpés en tranches aussi égales…votre comparaison avec le psychanalyste n’est d’ailleurs pas mauvaise : tous les jours dans son cabinet, le pauvre, à voir défiler le malheur du monde. »
« Maximilien est à la fois l’image qui fait peur et celle de ce qui fait vendre, le héros des films les plus violents et le vecteur des marques les plus portées. »
« filmer ces violences sur des téléphones portables est une mode nouvelle. On peut même les monter sur la musique de son choix. » (devinez que cela existe encore et toujours aujourd’hui)
Ce club nous a permis d'échanger autour du sujet de l'éducation et de l'apprentissage, ainsi que de travailler sur la figure de style de la métaphore, grâce au style imagé de Daniel Pennac.
À bientôt pour découvrir ensemble une nouvelle oeuvre littéraire !
Fanny 💙