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Hiver à Sokcho d'Élisa Shua Dusapin
- Fanny Schwab
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L’avis de Martin (Allemagne) :
Lors d’une première lecture un peu superficielle du livre, j’ai particulièrement apprécié le style minimaliste et l’atmosphère mélancolique qui s’en dégageait. En y lisant plus attentivement, j’ai toutefois été gêné par le personnage du dessinateur de BD, dont le profil était trop simpliste, ainsi que par certaines scènes peu crédibles, comme cette porte toujours entrouverte à travers laquelle la narratrice pouvait observer avec une précision étonnante ce que le dessinateur était en train de dessiner.
Néanmoins, le roman est très sensible et il est difficile de croire que l’auteure, alors qu’elle n’avait qu’une vingtaine d’années, ait pu écrire une histoire aussi empathique sur deux personnes solitaires et qu’elle ait en outre réussi à la conclure de manière ouverte et profonde. Quatre étoiles sur cinq.
L’avis de Mark (États-Unis) :
« Je pense à ceux qui doivent trouver quelque chose en eux après le désenchantement. » Balzac, "Illusions perdues"
La narratrice de ce court roman vit dans son propre gouffre de désespoir, une situation fréquente dans les années qui suivent l'université. Elle rencontre un artiste français de bandes dessinées qui, l'espère-t-elle, la sauvera. Le lecteur sait avant elle que ça ne va pas se passer. J'ai eu beau lire ce livre attentivement, je n'y ai trouvé ni sagesse, ni finesse, ni transcendance. Il n'y a aucun doute que ce genre de chose arrive dans la vraie vie, mais cela vaut-il pour autant la peine d'en faire un récit ? (Facilis descensus Averno, etc.)
La conclusion est paresseuse. Il y a des descriptions intéressantes de créatures marines dont le sens est évident, et des descriptions frappantes de l'art des bandes dessinées dont l'importance est moins évidente. Il est possible que j'aie tort. Quelqu'un a suffisamment apprécié le livre pour en faire un film, qu'il faudra que je regarde.
L’avis de Charlotte (États-Unis) :
Je lui donnerais un 5 sur 5 !
L’histoire des deux vies solitaires, la narratrice et le Français, est tellement touchante, renforcée par le style et les thèmes de l’autrice. Le froid et l’isolement de cette station balnéaire sont le décor parfait, dans un pays encore marqué par la guerre et sous l’ombre permanente de la Corée du Nord.
L’accent mis sur le culte de la beauté, des apparences, au détriment de la profondeur est aussi marquant. J’ai particulièrement aimé la description des chocs culturels entre le Français et les habitants du village. Bref, un grand succès.
L’avis de Giovanna (Italie) :
Je donnerais 3 sur 5 à l’autrice. Dans l’ensemble, j’ai aimé le livre, surtout sa lenteur, ses silences et cette atmosphère suspendue où les petits gestes prennent beaucoup de place. L’intrigue m’a moins captivée, mais j’ai apprécié la façon dont les émotions sont évoquées sans que tout soit expliqué.
J’ai surtout été touchée par cette image de la femme idéale que Kerrand cherche à dessiner, et par le rapport de la narratrice à cet idéal auquel elle ne se sent pas correspondre. Cette tension entre son sentiment de ne pas être à la hauteur et son désir d’être vue et reconnue m’a beaucoup intéressée.
Voici un roman qui a suscité de vrais débats pendant le club et des conversations particulièrement enrichissantes ! Les avis sont mitigés, du 2 étoiles au 5 étoiles : certains ont été plus sensibles à l'histoire que d'autres, mais tous ont apprécié analyser en détails le style particulier d'Élisa Shua Dusapin, notamment en termes de narration. Notre travail ensemble a permis à chacun d'exprimer son opinion de manière nuancée et justifiée.
Je félicite les membres du club de lecture et je me réjouis de vous retrouver prochainement pour une nouvelle découverte littéraire !
Fanny 📖 💙